Les « premières fois » de Cléopâtre Darleux

Première fois
Cléopâtre Darleux
Brest Bretagne Handball

« Je prends la vie comme elle vient »

 

Propos recueillis par Hugo Chatelain

 

Après son exil forcé au Danemark, puis une escapade frustrante à Nice, Cléopâtre Darleux a retrouvé son équilibre en Bretagne. La voilà de retour en Ligue des champions avec Brest et même en sélection nationale durant ce mois d’octobre. L’occasion de soumettre l’intéressée à notre questionnaire de premières fois.

 

Premiers souvenirs d’enfance

Ce sont vraiment des moments en famille avec mes quatre frères (2 petits) et sœurs (2 grandes). Ma mère nous organisait régulièrement des jeux olympiques en extérieur et toute sorte d’activités comme escalader le toit ou soulever un petit tracteur d’enfant. Voilà ce qui me revient tout de suite. Il fallait quand même nous occuper à cinq enfants aussi rapprochés (un an d’écart entre chacun).

Première chance de ta vie

Mes premiers pas assez jeune à Besançon je pense. Je n’avais que dix-sept ans lorsque j’ai commencé en D1, après une seule saison avec la réserve. Encore une fois je voulais suivre les pas de ma sœur Elie (qui joue toujours à Strasbourg en N1F, ndlr) arrivée un an plus tôt. Christophe Maréchal m’a rapidement fait confiance et j’ai vraiment eu de la chance de pouvoir m’exprimer aussi rapidement en Elite.

Première bêtise

Je ne sais pas si je peux dire cela, mais je volais des petits bijoux plutôt que des bonbons dans ma commune de Wittenheim. Il y a prescription maintenant.

Première blessure

Mon entorse du genou en 2014 à mon retour sur Nice. Cela a été long car j’ai enchaîné les pépins derrière et notamment les tendinites avec lesquelles j’ai appris à jouer. Pour le reste j’ai été globalement épargnée quand même. Je fais abstraction de mon infection à l’œil durant l’été 2011, une péripétie qui s’est heureusement bien terminée et donc je n’ai plus aucune séquelle.

Premières larmes

Plutôt de bonheur, et en équipe de France, au travers des aventures mondiales en Chine (2009) et au Brésil (2011). Deux finales mondiales, cela marque forcément. Et dès les demi-finales, on pleurait de joie.

Première personne que tu appelles après un match

Mon chéri Noël (par ailleurs kiné au club, ndlr). J’ai besoin d’avoir un avis mais pas forcément tout de suite après le match, et plutôt en tête à tête qu’au téléphone.

Premier regret

Pas vraiment. Je me dis toujours que les choses n’arrivent pas par hasard. Ma blessure à Nice par exemple est survenue à une période où je m’étais sans doute un peu trop dispersée. Mais il y a eu des bons côtés aussi. J’ai appris notamment à relativiser, prendre du recul et voir mon activité différemment. Il y a d’autres centres d’intérêt bien plus importants.

La première fois que tu as voulu arrêter le hand

Jamais. J’ai toujours pris le bon côté des évènements ou des coups du sort. Le handball est ma grande passion, tout en faisant la part des choses avec ma vie privée. Cela m’aide à tout appréhender au quotidien. C’est une aubaine de pouvoir vivre de sa passion. Je n’ai pas le droit ni l’envie de me plaindre. Et je profite pleinement des à-côtés malgré tout.

Première contre attaquante

Tu fais référence à mes deux buts dernièrement. Je trouve cela marrant et je pense que cela fait plaisir aux gens. Je trouve que le handball est parfois trop stéréotypé et que l’on apporte un petit plus avec ce genre d’action. Je ne le fais pas régulièrement non plus. Franchement, je l’ai tenté deux fois et s’est passé. Ah si, une autre fois avec Nice j’avais aussi essayé sans réussite. Il ne faut pas que ce soit systématique pour que cela marche aussi sans doute. Entre l’équipe de France à la Golden League d’octobre 2016 et à Bourg de Péage tout récemment en championnat, j’étais restée tranquille. Cela doit rester rare.

Premier métier après le hand

Je ne sais pas encore précisément ce que je vais faire. Mais j’ai plein de projets. J’ai le temps même si cela va arriver très vite. Je ne veux pas en dire plus, je n’ai pas envie d’entraîner sans pour autant forcément quitter le milieu.

Première qualité

La gentillesse. C’est vrai que cela peut me jouer de mauvais tours, car j’ai toujours tendance à dire oui. C’est compliqué quand même de refuser des sollicitations, cela me fait mal au cœur, et je ne crois pas qu’y répondre soit néfaste à ma performance. Je sais faire la part des choses. Cela procure plus de bien aux gens que me pénalise. J’ai peut-être trop donné parfois, payé notamment ma disponibilité à Nice, mais je ne regrette absolument rien.

Première folie

J’ai offert une voiture à ma mère. Après, je fais attention, je suis généreuse certes mais pas dépensière. C’est aussi dans mon éducation, je ne viens pas d’une famille aisée, mais heureuse et soudée. Alors là c’était comme un remerciement à ma maman pour tout ce qu’elle nous a donnés.

Première personne à rencontrer

Aucune idée. On me pose souvent la question mais je ne suis pas du tout du genre à être fan, avoir des idoles. A partir du moment seulement que j’ai ma famille autour de moi, cela me suffit.

Premier défaut

Impulsivité sans hésiter. Cela m’a joué des tours parfois, je n’arrive pas à la maîtriser tout le temps, mais je me suis calmée quand même.

Premier moment à revivre

Une finale de championnat du Monde, que ce soit celle de 2009 en Chine ou 2011 au Brésil. Mais je me contenterais aussi de l’ivresse d’un titre national, à l’instar de 2012 avec Brest.

Premier objectif aujourd’hui

Que Brest devienne un grand club et pas seulement en France, en gagnant des titres et jouant régulièrement la Ligue des champions. Je vais redécouvrir cette compétition, chez moi, après l’avoir connue jeune à Metz et dans le contexte particulier de Viborg au Danemark. C’est extraordinaire je pense de le vivre à la maison.

Première chose que tu n’aimes pas que l’on dise de toi

J’ai une réputation de « connasse » en LFH, sur le terrain en tout cas. Ce n’est pas vrai en dehors. Je reconnais en revanche qu’une fois sur le parquet, je veux gagner avant tout. Je ne suis pas là pour me faire des copines. Encore moins en tant que gardienne. Mais cela ne correspond pas du tout à ce que je suis une fois le match terminé. Il faut croire que j’ai une double personnalité.

Ce que tu aimerais faire pour la première fois

Un tour du Monde en voilier, au départ de Brest. Je ne sais pas si je le ferais un jour, je dois d’abord apprendre à naviguer, mais j’en ai envie.

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N° 185 – Novembre 2017

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